L’industrie électronique évolue sans cesse et les entreprises doivent mettre de nouveaux produits sur le marché rapidement et efficacement. La volatilité du marché des composants complique toutefois la tâche des équipes d’ingénierie et des achats. Une approche collaborative et tournée vers l’avenir du développement électronique aide les entreprises à surmonter ces difficultés et à lancer leurs produits avec confiance et rapidité.
Dans cet article, nous comparons le processus traditionnel d’industrialisation de nouveaux produits (NPI) à une approche plus contemporaine, en soulignant les problèmes courants et en proposant des solutions pour les surmonter.
Les défis des méthodes NPI traditionnelles
De nombreuses entreprises du secteur électronique s’appuient encore sur des méthodes dépassées, comme les nomenclatures (BOM) sous Excel, les e-mails et les réunions régulières, pour piloter leur processus NPI. Ces méthodes peuvent suffire pour des projets simples, mais elles deviennent opaques, chronophages et sources d’erreurs pour des cartes électroniques (PCBA) plus complexes. Elles exigent en outre une documentation soignée et une coordination entre les différents services, comme la gestion de produit, l’ingénierie et les achats, ce qui peut tourner au casse-tête logistique.
Simplifier le Cost Engineering
Trouver le bon équilibre entre délai, coût et qualité est un défi courant dans le développement de produits électroniques, surtout pour comprendre le coût d’une seule carte électronique (PCBA). Pour optimiser la conception et réduire les coûts, il faut connaître à la fois le coût des composants et celui de l’assemblage. Or beaucoup d’entreprises n’examinent ces coûts qu’une fois la conception initiale terminée, ce qui limite les possibilités d’optimisation. Certaines utilisent les données historiques de leur ERP, mais celles-ci ne reflètent ni les prix actuels du marché ni les prix négociés dans les contrats. Les ingénieurs tentent parfois de trouver des prix en ligne, via des services comme Octopart ou les boutiques en ligne de distributeurs, mais cela prend du temps et ne donne pas accès aux prix contractuels négociés par leur entreprise. Le processus actuel d’optimisation des coûts dans le développement de produits électroniques est donc loin d’être idéal.
Maîtriser les risques de la chaîne d’approvisionnement
Une gestion efficace de la chaîne d’approvisionnement est décisive pour réussir la NPI, mais beaucoup d’entreprises peinent à suivre en continu les données de marché qui devraient guider le choix des composants. C’est pourtant essentiel, en particulier en période de volatilité du marché ou de pénurie de composants. Sans cette visibilité, le risque de problèmes d’approvisionnement futurs augmente, avec à la clé des retards et des coûts imprévus. Les ingénieurs sont malheureusement souvent débordés et n’ont ni le temps ni les moyens d’étudier en détail les capacités d’approvisionnement, comme les niveaux de stock du marché ou les délais d’approvisionnement (usine). Dans le même temps, les acheteurs ou les responsables supply chain sont souvent tenus à l’écart de la sélection des composants jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Les entreprises naviguent ainsi à l’aveugle et ne peuvent pas prendre les décisions éclairées qui leur éviteraient des revers coûteux.
Prévenir les problèmes de cycle de vie
La tendance à l’obsolescence croissante des composants ne s’inverse pas. Elle est alimentée par des facteurs tels que l’amélioration des procédés de fabrication, l’intégration accrue de fonctions dans les circuits intégrés et la nécessité de répondre à l’évolution des besoins du marché. Suivre l’état du cycle de vie de chaque composant électronique est indispensable pour éviter de perdre du temps et des ressources en reconceptions dues à des arrêts de production ou à des alertes d’obsolescence. Certaines entreprises vérifient l’état du cycle de vie lors du choix des composants ou utilisent les avis de modification de produit (PCN) pour réagir vite, mais peu adoptent une approche proactive en mettant en place une double source ou des sources multiples pour réduire le risque de défaillance. Beaucoup d’entreprises électroniques restent ainsi exposées aux conséquences de l’obsolescence des composants.
Une meilleure voie : une approche moderne de la NPI
Une approche moderne de la NPI répond aux défis traditionnels et offre un processus plus efficace pour mettre de nouveaux produits électroniques sur le marché. Elle s’appuie sur des outils et des techniques modernes ainsi que sur une démarche proactive et collaborative du développement électronique, et aide les entreprises à réussir sur un marché complexe.

1. Intégrer les API des fournisseurs
Le marché de l’électronique est volatil, ce qui rend difficile le suivi de la chaîne d’approvisionnement. Les API (Application Programming Interfaces) apportent toutefois une solution. De nombreux distributeurs de composants électroniques, comme Farnell, et fabricants de circuits imprimés, comme Würth, proposent désormais des API ouvertes qui facilitent l’échange de données. Une fois la connexion API établie, il est possible d’accéder rapidement et simplement, à la demande ou de façon automatisée, aux niveaux de stock, aux prix, aux délais d’approvisionnement et aux détails produits de ses fournisseurs agréés, en temps réel.
Cela simplifie le processus d’achat et permet de prendre des décisions plus éclairées sur les composants dès la conception. Les API peuvent être intégrées individuellement pour s’adapter aux processus de l’entreprise ou activées directement dans des solutions dédiées à la gestion des nomenclatures, comme Luminovo. Dans les deux cas, l’ère moderne des API permet d’intégrer les données de la chaîne d’approvisionnement en temps réel dans le processus NPI, là où les décisions se prennent.
2. Utiliser des jumeaux numériques
Les jumeaux numériques sont des représentations virtuelles d’objets ou de systèmes physiques qui permettent de fluidifier les points de passage entre l’ingénierie, les achats et les fournisseurs dans le processus NPI moderne. Ils éliminent des tâches manuelles, comme le téléchargement, la modification et le rechargement de documents Excel ou de fichiers de conception, et réduisent le risque d’erreurs en facilitant l’intégration de données externes via des API ou le transfert de données en temps réel.
Les jumeaux numériques de la nomenclature peuvent servir à de multiples usages, comme demander et afficher des données sur la chaîne d’approvisionnement, le cycle de vie ou la conformité, ou optimiser automatiquement la nomenclature selon des critères tels que la disponibilité, le prix ou le délai d’approvisionnement. De même, les jumeaux numériques de circuits imprimés permettent de tester et de diagnostiquer des problèmes dès les premières étapes de conception et servent d’outil de communication entre les parties prenantes via des API.
3. Mettre en place une surveillance de la santé de la conception
La pandémie de COVID-19 a mis en évidence la vulnérabilité de nos chaînes d’approvisionnement électroniques, avec l’arrêt de production de certains composants, des problèmes de disponibilité et des délais d’approvisionnement et des prix instables. Les équipes d’ingénierie et des achats doivent donc être agiles et travailler en étroite collaboration avec les fournisseurs. Pour relever ces défis, il est essentiel que les processus NPI surveillent en continu la santé d’une nomenclature et de la conception, du début du projet jusqu’au lancement sur le marché.
Un tableau de bord de santé peut suivre la conformité, les stocks mondiaux, les délais d’approvisionnement et les prix, et alerter les parties prenantes concernées, comme les chefs de produit, les responsables achats et les ingénieurs, dès qu’une tendance négative apparaît. Pour créer et maintenir un tel tableau de bord, les entreprises peuvent recruter des ingénieurs composants, recourir à des fournisseurs de données tiers comme IHS ou mettre en place des solutions logicielles, telles que Luminovo, qui assurent la gestion des nomenclatures et la surveillance de leur santé. Si les perturbations de la chaîne d’approvisionnement sont inévitables, elles peuvent être gérées de façon proactive et efficace.
4. Adopter l’approvisionnement multiple
L’approvisionnement multiple, c’est-à-dire l’utilisation de plusieurs composants alternatifs pour un même repère, est une stratégie essentielle pour se protéger des problèmes d’approvisionnement. En s’approvisionnant auprès de plusieurs fournisseurs, les entreprises réduisent leur dépendance à l’égard de chacun, éliminent les points de défaillance uniques et sécurisent l’approvisionnement en composants. C’est particulièrement important sur le marché actuel, qui évolue rapidement, où l’obsolescence des composants et les problèmes d’approvisionnement peuvent survenir sans prévenir.
L’approvisionnement multiple peut entraîner des coûts administratifs et d’achat supplémentaires, mais ceux-ci peuvent être limités grâce aux bons outils et aux bons processus. Les distributeurs proposent par exemple souvent des équivalents adaptés sur leurs sites, et certains fournisseurs offrent même des services comme l’assistance d’ingénieurs d’application terrain (FAE) pour aider au choix des composants. Il existe aussi des applications dédiées, comme les outils de recherche de références croisées, qui suggèrent des substituts approuvés selon leur similarité paramétrique et fonctionnelle. En tirant parti de ces ressources, les entreprises simplifient l’approvisionnement multiple et en exploitent pleinement les avantages.
5. Tirer parti de la collaboration dans le cloud
La collaboration est essentielle à la réussite de toute entreprise, et les applications cloud facilitent le travail en équipe. Ces solutions offrent une communication et une coordination sécurisées et économiques, qui rendent les processus plus efficaces et augmentent la productivité.
Le processus NPI, où se rejoignent de nombreuses applications et des utilisateurs d’équipes internes et externes, illustre particulièrement bien les avantages des solutions cloud. Un exemple est le processus cloud d’approbation des composants entre l’ingénierie et les achats, qui permet un traitement entièrement numérique, collaboratif et distribué, directement dans l’outil de gestion des nomenclatures ou de conception. Les applications cloud peuvent aussi faciliter la collaboration entre l’entreprise et ses fournisseurs, tels que les sous-traitants électroniques (EMS), les distributeurs ou les fabricants de composants. Les solutions cloud font partie intégrante de tout processus NPI moderne.
Quand le futur devient réalité
Les solutions décrites ci-dessus pour un processus NPI novateur, qui rend votre développement électronique plus robuste, plus prédictif et plus collaboratif, ne relèvent pas du rêve : elles sont déjà réalisables aujourd’hui avec des solutions modernes comme Luminovo.








